Le Sida et l’infection au VIH : quelles différences ?

Le Sida et l’infection au VIH : quelles différences ?

Questions réponses

Etre “séropositif” et “avoir le sida” signifient-ils la même chose ?

NON : Etre séropositif veut dire être infecté par le VIH. Cela ne signifie pas que la maladie sida est installée. Un patient séropositif, comme le patient sidéen, doit protéger ses partenaires sexuels par le port du préservatif.

Le sida ne concerne-t-il que les homosexuels ?

NON : Le sida touche tout le monde. Les rapports hétérosexuels sont à l’origine de la moitié des contaminations au VIH. Le risque augmente mathématiquement avec l’activité sexuelle non protégée.

Avec ma trithérapie anti-sida, est-ce que je risque quand même de contaminer mes partenaires sexuels si je ne mets pas de préservatif ?

OUI : Les trithérapies n’empêchent pas la contamination; elles ralentissent seulement l’évolution de la maladie.

De quoi s’agit-il ?

« Sida » est l’acronyme du Syndrome de l’ImmunoDéficience Acquise, causé par les virus de l’immunodéficience humaine ou VIH (HIV en anglais) dont il existe deux types (VIH 1 et 2).
Ces virus s’attaquent aux globules blancs dits « lymphocytes T4 » ou « CD4 », chargés de la défense immunitaire ciblée contre un microbe précis. Le VIH envahit ces cellules, s’y multiplie et les détruit, libérant de nouveaux virus qui infectent d’autres lymphocytes.

Les premiers stades de l’infection ne présentent pas de symptômes : la personne séropositive au VIH n’a pas déclaré la maladie, ce qui explique qu’elle puisse l’ignorer en toute bonne foi. Avec le temps (sans traitement), le système immunitaire s’affaiblit et le Sida s’installe.

Comment cela se manifeste-t-il ?

Le sida est le dernier stade de la séropositivité au VIH.
Il survient de manière variable selon les patients, bien que les trithérapies le reculent considérablement.
Il commence par des signes de dépression immune sévère : infections dites opportunistes (virus, bactéries, levures ou champignons), difficiles à combattre, ou des cancers particuliers (maladie de Kaposi) qui conduisent souvent au décès en l’absence de traitement. En 2011, l’évolution en sida survient en moyenne 10 à 15 ans après la contamination.

Avec quoi ne faut-il pas confondre ?

La séropositivité au VIH ne signifie pas la maladie sida.
En effet, un patient séropositif peut rester des années sans symptômes, avec des défenses immunitaires et des lymphocytes CD4 normaux. On surveille leur nombre et la charge virale (nombre de virus présents dans le sang), qui indiquent l’état du patient et sa contagiosité. Des troubles divers comme la fièvre, des ganglions, une diarrhée, une fatigue ou des mycoses (muguet buccal) ne signifient pas pour autant que le patient entre en stade sida.

Y a-t-il une prévention possible ?

La prévention est possible et essentielle.
Elle consiste à utiliser les préservatifs lors des rapports sexuels. Car les autres moyens de contraception ne protègent pas des infections sexuellement transmissibles (IST), donc du VIH. Les traitements n’empêchant pas de transmettre l’infection, les personnes séropositives doivent protéger leurs partenaires en utilisant toujours un préservatif.

Les préservatifs doivent être aux normes européennes (marquage CE) et conservés au sec, à l’abri de la chaleur et de la lumière directe du soleil, en surveillant leur date de péremption.

En cas d’exposition accidentelle au sang ou à des liquides biologiques (piqûre avec une seringue
abandonnée par exemple), ou de rapport sexuel non ou mal protégé (rupture de préservatif), il faut consulter en service d’urgence dans les 48 heures pour mettre en route une trithérapie préventive, avant même de savoir si l’on est contaminé. S’il n’y a aucune contamination aux examens biologiques, le traitement préventif sera arrêté. Chez les usagers de drogues intraveineuses, la prévention repose sur l’utilisation de kits stériles.

Sources :
Sida info service
– Ameli : Thématique de santé VIH
Dr Sophie Duméry, rédactrice en chef de Santé Pratique