Vaccin et dépistage : complémentaires pour freiner les cancers liés aux HPV

Vaccin et dépistage : complémentaires pour freiner les cancers liés aux HPV

Les papillomavirus humains (HPV) sont très fréquents : près de 80 % des femmes et des hommes sexuellement actifs sont infectés au cours de leur vie (dans l’immense majorité des cas de manière totalement asymptomatique), ce qui en fait la principale infection sexuellement transmissible.

Des infections à l’origine de cancers graves parmi les deux sexes

Environ 200 types d’HPV existent, dont une douzaine susceptible de provoquer des cancers. Dans la majorité des cas, ces virus sont éliminés par le système immunitaire. Mais dans environ 10 % des situations, l’infection persiste et peut évoluer vers des lésions précancéreuses. Chaque année, 7 130 cas de cancers sont liés aux HPV. Parmi eux, 40 % correspondent à des cancers du col de l’utérus, ainsi qu’à des atteintes de l’anus, du pénis, du vagin, de la vulve et des voies aérodigestives. Un tiers des cancers d’origine HPV concerne des hommes.

Les papillomavirus restent mal connus des jeunes adultes. Selon une enquête Ipsos pour MSD (2025), 80 % des 18-26 ans ont déjà entendu parler du HPV, mais seuls 30 % se disent bien informés. À peine un tiers d’entre eux se sent exposé au risque d’infection, alors même que cette tranche d’âge correspond au pic de contamination. Pour expliquer ce sentiment de protection, 32 % évoquent des rapports sexuels protégés et 26 % le fait d’avoir un partenaire unique. En réalité, le préservatif protège partiellement et une seule relation peut suffire à l’infection. De plus, toutes les pratiques sexuelles peuvent être contaminantes, les HPV génitaux pouvant être présents sur des muqueuses non couvertes (vulve, périnée, scrotum, région anale).

Vaccination pour tous, jusqu’à 26 ans révolus

La vaccination contre les HPV constitue le premier moyen de prévention et permet de réduire le risque de certains cancers associés à ces virus. Mais comme elle ne met pas totalement à l’abri du risque de cancer, le dépistage reste nécessaire, y compris chez les vaccinés. La vaccination contre certains cancers liés aux HPV n’a été étendue à tous les jeunes adultes jusqu’à 26 ans révolus qu’en décembre 2025 comme consigné dans le Calendrier des vaccinations (et prise en charge par l’Assurance maladie). La HAS avait recommandé ce rattrapage en raison de la couverture vaccinale insuffisante chez les adolescents de 11 à 14 ans. Et pourtant, malgré les campagnes menées dans les collèges, la couverture vaccinale progresse peu : en 2024, 48 % des filles et 24,5 % des garçons de 16 ans ont suivi un schéma complet à deux doses. On est encore loin de l’objectif national fixé à 80 % chez les adolescents d’ici 2030 et de la cible de l’OMS de 90 % chez les filles de 15 ans.

De nouvelles preuves en faveur de la vaccination contre le HPV

Les jeunes filles vaccinées contre le HPV sont non seulement bien protégées contre le cancer du col de l’utérus, mais elles sont également moins susceptibles de développer des lésions précancéreuses graves (de haut grade) de la vulve et du vagin. C’est ce que démontre une nouvelle étude de l’Institut Karolinska (Suède) publiée dans JAMA Oncology, qui repose sur les données de plus de 770 000 femmes nées entre 1985 et 1998 et résidant en Suède entre 2006 et 2022. Les chercheurs ont comparé l’incidence des lésions vulvaires et vaginales de haut grade chez les femmes ayant reçu au moins une dose du vaccin contre le HPV et chez celles qui n’avaient pas été vaccinées. « Dans cette étude, la vaccination quadrivalente contre le HPV (sérotypes 6, 11, 16 et 18, ndlr) était associée à une réduction du risque de lésions vulvo-vaginales de haut grade », résument les auteurs de l’étude.

Les résultats ont montré que le risque de ces lésions graves était inférieur de 37 % chez les femmes vaccinées par rapport aux femmes non vaccinées. La protection était la plus forte chez les femmes vaccinées avant l’âge de 17 ans, qui présentaient un risque inférieur de 55 % par rapport aux femmes non vaccinées. Une réduction de l’incidence au niveau de la population a ainsi été observée dans les cohortes de naissance couvertes par des programmes organisés de vaccination chez les adolescents ou de rattrapage, comparativement aux cohortes vaccinées de manière opportuniste.

L’intérêt d’une vaccination précoce

« Notre étude est la plus vaste de ce type à examiner le lien entre la vaccination contre le HPV et les maladies graves de la vulve et du vagin, explique la chercheuse Yunyang Deng, première auteure de l’étude (Département d’épidémiologie médicale et de biostatistique de l’Institut Karolinska, Suède. Nos résultats soulignent l’importance de proposer le vaccin contre le VPH aux jeunes filles dès leur plus jeune âge, avant qu’elles ne deviennent sexuellement actives. »