Qu’est-ce que la céréulide, dont la présence est soupçonnée dans des lots de lait pour bébé ? 

Qu’est-ce que la céréulide, dont la présence est soupçonnée dans des lots de lait pour bébé ? 

Lactalis a rappelé mercredi 21 janvier six lots de lait infantile de la marque Picot, commercialisés en France. Au total, 18 pays sont concernés par ce rappel. En cause, la présence potentielle de céréulide, dans les préparations.

La bactérie bacillus cereus est responsable de deux types d’intoxication : une intoxication émétisante ou une intoxication diarrhéigène. La céréulide, dont la présence est soupçonnée dans les lots de lait maternisé, est la toxine responsable de l’intoxication caractérisée par des vomissements. Cette toxine, produite dans l’aliment au cours de la croissance de B. Cereus, est particulièrement stable et résistante, notamment à la chaleur. « Les risques pour le consommateur sont le plus souvent liés à une multiplication de B. cereus lors de l’exposition des aliments à des températures inappropriées. Les aliments associés à des toxi-infections à B. cereus subissent fréquemment, mais pas exclusivement, une étape de cuisson et/ou ne sont pas refroidis de manière adéquate après leur préparation et avant la consommation », précise l’Anses.

Une bactérie présente dans de nombreuses préparations

« L’ingestion de ces bactéries ne provoque pas forcément une infection, cela dépend du type de bactérie et de la dose consommée, note sur son site le ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire. Ces bactéries se trouvent habituellement dans l’environnement : terre, eaux, végétaux… Ainsi, les aliments les plus fréquemment contaminés sont les végétaux comme le riz, les légumes, les pommes de terre, les épices… »

Cette bactérie se retrouve donc dans un grand nombre d’aliments. A l’origine d’une contamination, on identifie souvent, les plats cuisinés, les aliments déshydratés reconstitués par addition d’eau chaude ou cuits à l’eau, les produits agrémentés d’épices, d’herbes ou d’aromates ; tous conservés à une température permettant la croissance de la bactérie, entre 4°C et 55°C.

Des vomissements chez les bébés

L’intoxication émétisante survient après une courte période d’incubation, de 30 minutes à 5 heures. Elle est caractérisée par des malaises, des vomissements, des nausées, des douleurs abdominales, parfois accompagnées de diarrhées. La principale complication de cette intoxication ? Elle peut provoquer, selon l’Anses, une dégénérescence – toutefois réversible – du foie.

L’intoxication diarrhéique est, elle, caractérisée par une diarrhée abondante et des crampes intestinales, 8 à 16 heures après l’ingestion de l’aliment contaminé. En cas de symptômes, il faut consulter un médecin.

Le 5 janvier dernier, Nestlé avait également procédé au rappel de laits infantiles à cause de la présence de céréulide. « Les bébés se déshydratant rapidement, tout vomissement répété après consommation des lots concernés doit conduire à une évaluation médicale rapide, que la céréulide soit en cause ou non. En l’absence de symptômes, il n’y a pas lieu de s’inquiéter d’un impact à long terme sur la santé », écrivait alors la marque sur son site Internet.

Ces infections guérissent le plus souvent spontanément en 12 à 24 heures. Elles sont généralement bénignes mais certains individus, plus fragiles, peuvent y être plus sensibles comme les personnes âgées, les femmes enceintes et les nouveau-nés, notamment. « La dose de céréulide suffisante pour provoquer des symptômes émétiques serait de l’ordre de 5 à 10 μg/kg de masse corporelle, selon des essais chez les primates et d’après l’analyse d’aliments impliqués dans des intoxinations alimentaires chez l’Homme », précise l’Anses.