Manger en pleine conscience, c’est manger mieux

A l’origine, la pratique de la pleine conscience est issue des traditions orientales et du bouddhisme, en particulier. Elle a été reprise et modernisée par Jon Kabat-Zinn à la fin des années 1970. Ce médecin américain l’a intégrée à la médecine occidentale dans le but d’améliorer les soins délivrés aux patients. Elle consiste à « délibérément porter son attention sur le moment présent, sans jugement », explique Caroline Cloutier, nutritionniste à Québec et spécialisée dans l’alimentation en pleine conscience. Elle est applicable à la façon dont nous nous alimentons. En l’occurrence, dans ce domaine, elle vise à « manger sans se juger ».
« Cela ne signifie pas pour autant manger n’importe quoi n’importe quand », précise-t-elle. Mais « à contre-courant des régimes qui amènent des règles alimentaires strictes et des « il faut que », ‘”il ne faut pas que », la pleine conscience permet de se reconnecter avec son corps et ses besoins. »
La liberté de choisir
« Lorsque l’on se connaît mieux, on peut faire des choix en conscience », explique-t-elle. Par exemple, si vous savez que manger des protéines au petit-déjeuner vous procure plus d’énergie et moins de fringales, vous choisirez peut-être plus facilement de le faire, sans injonction. Cela n’empêchera pas que vous puissiez « choisir un croissant au beurre un matin malgré les conséquences, car vous en avez juste envie ». Et ce, « sans culpabilité ».
Un autre point important est celui d’être présent à ce que l’on fait et à l’écoute de ses sens. « C’est ce qui fera que vous aurez une plus grande satisfaction. Et plus on est satisfait, moins on a besoin de manger en l’absence de faim », note-t-elle. Car si la pleine conscience n’a pas pour but de faire perdre du poids, elle contribue à améliorer le rapport à la nourriture. « Elle réduit le besoin de « manger » en réponse à nos émotions, et contribue à terme à réduire les excès alimentaires », conclut-elle.