Infections à méningocoques : la HAS recommande un rattrapage vaccinal pour les jeunes enfants

Face à la recrudescence des infections invasives à méningocoques, la Haute autorité de santé émet de nouvelles recommandations vaccinales. En 2023, 560 cas avaient été enregistrés, 615 en 2024. Les mois de janvier et février 2015 ont présenté une incidence particulièrement élevée avec 95 et 89 cas recensés.
Quelles nouveautés chez les bébés et jeunes enfants ?
La HAS recommande l’extension jusqu’à 2 ans de la vaccination obligatoire contre les sérogroupes ACWY chez les bébés, déjà en vigueur pour le sérogroupe B. Elle préconise également, de manière transitoire, un rattrapage jusqu’à 3 ans, chez les enfants n’ayant pas été vaccinés contre les sérogroupes ACWY (l’incidence du sérogroupe W diminuant largement après 3 ans, après 2 ans pour le sérogroupe Y).
Concernant le sérogroupe B, la vaccination, possible jusqu’à 2 ans, est obligatoire selon le schéma suivant : 1 dose à 3 mois, 2ème dose à 5 mois, dose de rappel à 12 mois. Selon ses nouvelles recommandations, la HAS préconise un rattrape de vaccination jusqu’à 5 ans pour les enfants non vaccinés (du fait de la nette diminution à partir de 5 ans). A partir de 2 ans, le schéma vaccinal est de deux doses, avec un intervalle d’un mois entre les deux doses.
Pour une campagne de vaccination organisée chez les 15-24 ans
La Haute autorité de Santé souligne l’importance de la vaccination ACWY chez les adolescents de 11 à 14 ans afin qu’ils soient protégés pendant au moins 10 ans, les 15-25 ans étant, après les nourrissons, la tranche de la population la plus à risque. Elle préconise le rattrapage vaccinal pour les 15 – 24 ans non encore vaccinés et plaide pour une campagne organisée, sur 2 ans, afin d’atteindre rapidement une couverture vaccinale élevée. « Cette mesure est en effet cruciale, non seulement pour protéger cette population, mais aussi pour induire une protection collective. »
Si la HAS préconise le remboursement de la vaccination dirigée contre le sérogroupe B chez les 15 – 24 ans, elle ne recommande pas d’élargir la vaccination à tous les adolescents et jeunes adultes. Pourquoi ?
- La protection est de courte durée (3 à 5 ans)
- Deux injections sont nécessaires ;
- Le vaccin ne confère pas une protection indirecte aux populations non-vaccinées
Des infections graves et foudroyantes
Pour rappel, les infections invasives à méningocoques (IIM) sont des infections transmissibles graves dont l’issue peut être fatale, malgré les traitements. En cause : leur caractère foudroyant. Il s’agit de méningites, lorsque le méningocoque infecte le liquide et les membranes (méninges) qui enveloppent le cerveau et la moelle épinière. Pour sa part, la septicémie à méningocoque provoque une infection généralisée du sang et de différents organes, avec l’apparition rapide de taches rouges ou violacées sur la peau. Ce symptôme doit immédiatement alerter de même qu’une fièvre élevée, mal tolérée.