Menace biologique : la France met au point un antidote contre la ricine
Le communiqué a été envoyé lundi 12 janvier aux rédactions. « Avec le soutien des services concernés du premier ministre et l’appui du ministère en charge de la Santé, le ministère des Armées et des Anciens combattants annonce une première mondiale : la mise sur le marché d’un antidote contre la ricine par une PME lyonnaise (spécialisée) dans la lutte contre les menaces biologiques. Cette prouesse technologique est une illustration du soutien qu’il apporte à l’innovation française », a annoncé le gouvernement.
Ricimed est un antidote destiné à lutter contre l’intoxication à la ricine, cette substance toxique ne disposait jusqu’à ce jour d’aucun traitement ni vaccin. « Ce succès est l’aboutissement de travaux de recherche et développement menés depuis 2016 avec le soutien actif du ministère des Armées et des Anciens combattants », lit-on dans le communiqué.
Une plante très facile à produire
La ricine est une substance particulièrement toxique lorsqu’elle est inhalée, ingérée ou injectée. « La présentation clinique dépend de la voie d’administration, l’inhalation étant la voie la plus toxique suivie de l’ingestion orale. Les premiers signes et symptômes sont nausées, vomissements, diarrhée, hématémèse et méléna (en cas d’ingestion), toux, respiration sifflante, dyspnée, maux de gorge et congestion (en cas d’inhalation), et érythème, induration, cloques, syndrome de fuite capillaire et nécrose localisée (en cas d’injection). Les signes et symptômes peuvent évoluer vers des convulsions, un choc, une défaillance d’organe, un œdème pulmonaire et une insuffisance respiratoire », détaille le site Orphanet.
La ricine est une toxine présente dans les graines de ricin, une plante cultivée industriellement pour son huile, matière première dans la production de lubrifiants, peintures, vernis, plastiques, cosmétiques et fibres synthétiques. Elle est aussi utilisée comme laxatif en pharmacie. Cette plante est très facile à produire, c’est pourquoi une attaque bioterroriste par diffusion aérienne est donc à craindre, notait l’Inserm en 2016.
« Renforcer la sécurité sanitaire nationale »
Fabentech, qui a développé l’antidote, « lutte contre les agents biologiques identifiés comme prioritaires par les autorités gouvernementales et contre les menaces majeures pour la santé publique ». Ricimed a été conçu en complément des soins de support, dans les situations graves et qui nécessitent une administration immédiate. Il s’agit d’une thérapie à base d’anticorps polyclonaux, des anticorps produits par différentes lignées de lymphocytes B.
« Les enjeux autour de la ricine sont multiples et majeurs car ils sont sécuritaires et sanitaires. Sa toxicité et son potentiel d’utilisation comme arme biologique en font une menace très surveillée par les gouvernements et agences de sécurité mondiaux. Ricimed contribue au déploiement d’un bouclier sanitaire européen face aux menaces biologiques intentionnelles. L’obtention de cette AMM représente une étape décisive pour Fabentech, qui se positionne désormais comme le leader européen dans la lutte contre les menaces biologiques », conclut Sébastien IVA, Président Directeur Général de Fabentech. « Assurer la protection des citoyens face aux risques biologiques majeurs est une priorité de santé publique. Le développement et la mise à disposition de Ricimed® témoignent de notre capacité collective à anticiper ces menaces et à renforcer la sécurité sanitaire nationale », a de son côté réagi la ministre de la Santé Stéphanie Rist.
Selon le communiqué du gouvernement, Fabentech prépare le lancement des comment de Ricimed à l’export.