Été 2025 : hausse inédite des cas de chikungunya en France

Les agences sanitaires françaises et européennes alertent sur la hausse rapide des maladies infectieuses transmises par les moustiques (chikungunya, dengue, Nil occidental…) alimentée par le changement climatique. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a annoncé le 20 août que l’Europe avait enregistré cette année un nombre record de cas liés à des virus tels que le chikungunya et le Nil occidental. L’ANRS–Maladies infectieuses émergentes (ANRS-MIE) évoque de son côté une véritable « invasion » de moustiques vecteurs et une « menace précoce des arboviroses » (maladies virales causées par les arbovirus).
Le virus du chikungunya est transmis à l’être humain par la piqûre de moustique du genre Aedes, essentiellement le moustique tigre (Aedes albopictus), également vecteur des virus de la dengue, de la fièvre jaune et du zika.
Les saisons de transmission par les moustiques s’allongent et s’intensifient
En France, l’été 2025 se distingue par une intensité inédite des cas autochtones de chikungunya, c’est-à-dire ayant été contracté sur le territoire français et non importé de régions où cette infection sévit.
Au 19 août, Santé publique France recensait 27 foyers regroupant 154 cas, contre 23 foyers et 115 cas la semaine précédente. Ces chiffres dépassent largement ceux des années antérieures, qui ne comptaient pas plus de 30 cas sur un été entier !
Ils se situent dans les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur, Corse, Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes, déjà affectées les années précédentes. Mais, pour la première fois, des cas ont été recensés en Grand Est, Nouvelle-Aquitaine et Bourgogne-Franche Comté.
A ces cas s’ajoutent 932 cas importés de chikungunya depuis le 1er mai.
Partout en Europe, les saisons de transmission par les moustiques s’allongent et gagnent en intensité. L’ECDC attribue ce phénomène « à la hausse des températures, aux étés plus longs, aux hivers plus doux et aux changements de pluviométrie. Ces conditions créent un environnement où les moustiques prospèrent et transmettent davantage de virus », résume l’agence. Par exemple, Aedes albopictus est désormais établi dans 16 pays européens et 369 régions, contre seulement 114 régions il y a dix ans.
La prévention par tous les moyens, et notamment vaccinaux
À mesure que le paysage des maladies transmises par les moustiques évolue, davantage de personnes en Europe seront exposées à ce risque à l’avenir. Pour l’ECDC, la prévention est donc plus importante que jamais, tant par une action coordonnée de santé publique que par des mesures de protection individuelle.
L’ECDC encourage donc les personnes vivant dans les zones touchées et les visiteurs, en particulier les personnes âgées, les enfants et les personnes immunodéprimées, à se protéger contre les piqûres de moustiques en utilisant un insectifuge, en portant des manches longues et des pantalons, surtout à l’aube et au crépuscule, en utilisant des moustiquaires y compris de lit et en utilisant la climatisation ou des ventilateurs. Ainsi qu’en évitant toute eau stagnante.
De plus, de nouveaux vaccins ont été développés contre le virus chikungunya.
Un second vaccin contre le chikungunya disponible depuis l’été 2025
Arrivé fin 2024 en France, Ixchiq a été le premier vaccin contre le chikungunya (à partir de 12 ans et jusqu’à 64 ans (avis de l’ANSM du 13/06/25). C’est un vaccin vivant atténué : il contient des virus modifiés pour qu’ils ne provoquent pas la maladie, tout en stimulant le système immunitaire afin de protéger la personne vaccinée contre l’infection. La vaccination consiste en une seule injection intramusculaire dans le muscle deltoïde (épaule). Elle cible les personnes exposées au virus, notamment les voyageurs ou habitants des zones à risque situées en Afrique centrale, en Inde, en Asie du Sud-Est et en Amérique centrale et du Sud.
Depuis juin 2025, un second vaccin (Vimkunya) est disponible, destiné à prévenir le chikungunya chez les personnes de 12 ans et plus, y compris celles immunodéprimées (autorisation européenne du 28 février 2025). Cette fois-ci, c’est un vaccin non vivant, produit à partir de particules pseudo-virales (VLP, Virus-Like Particles). Ces particules reproduisent la structure du virus sans contenir de matériel génétique, ce qui les rend non infectieuses.
Pour en savoir plus sur : Le chikungunya (ANSM, juin 2025)